Les églises ont souvent attiré les visiteurs par leurs vitraux. Ils illustrent des scènes de la Bible ou de l'histoire de leur époque, avec toute la diversité de l'art des maîtres-verriers. Tantôt naïfs ou suggestifs, réalistes ou allégoriques, figuratifs ou symboliques, ils expriment aussi souvent la manière de croire et de vivre à leur époque.

La magie des vitraux, c'est de jouer avec la lumière et la distance pour illustrer un message. Il faut être dans l'église, dans une certaine obscurité pour en apprécier tout le contraste, tandis que de l'extérieur on ne voit qu'un amas de bouts de verre assemblés par des joints de plomb. C'est déjà significatif de l'acte de foi du croyant qui s'exerce à voir l'invisible, à croire aussi à ce qui ne se voit pas, ou qu'on ne voit que dans la nuit, comme l'étoile qui a guidé les Mages vers l'Enfant-Dieu de Bethléem.

Le génie des artistes s'est déployé pour nous laisser parfois de véritables bandes dessinées racontant aux fidèles souvent illettrés de l'époque les grandes pages de l'Histoire Sainte, les légendes et les histoires merveilleuses de la vie des saints, ou encore la célébrité d'un généreux donateur.

Il faut aujourd'hui de bonnes jumelles pour apprécier la densité des couleurs et la finesse des traits, et repérer parfois le petit détail amusant ou instructif qui permet d'identifier les personnages ou d'interpréter le message. On peut ainsi se livrer à de véritables catéchèses sur l'évangile si l'on joint aux images le récit adapté. Trop souvent hélas, bien des vitraux ne sont plus compris ni exploités, faute d'une culture suffisante. C'est le problème de la transmission du savoir mais aussi du témoignage des croyants.

Puissent les vitraux que vous retrouverez dans ces pages transmettre quelque chose de la foi des croyants qui se rassemblent depuis des siècles dans les églises de notre secteur, y célèbrent leur Seigneur, et font mémoire des grands événements du passé pour s'engager avec confiance dans le monde d'aujourd'hui.

 

............................................................................................................................. Père Jean-Christophe LEURENT Juin 2006